DISCOURS DU BUDGET 2017

Voici le discours que j’ai prononcé lors du vote pour le budget 2017

Monsieur le Président,

Monsieur le maire,

Chers collègues,

Citoyennes et citoyens de Gatineau,

Nous sommes tous réunis ce soir pour voter pour ou contre ce budget qui déterminera la façon dont nous investirons les différentes taxes que nous payons tous. Et des taxes, croyez-moi nous en payons!

Nous devons voter pour une augmentation de vos taxes de 2,9%. Une des pires augmentations de taxes du Québec d’ailleurs.

Si nous votons pour ce budget, le résultat net, c’est que demain matin les gatinois devront payer 2,9% de plus de taxes alors que l’indice des prix à la consommation pour 2016 n’est que de 1,3%.

Pour la quatrième fois consécutive on oblige notre communauté à diminuer son pouvoir d’achat parce qu’on est incapable de gérer nos dépenses.

Je m’adresse à vous, citoyens et citoyennes de Gatineau, est-ce que vous avez l’impression que vous en recevez plus pour votre argent parce que vous payez davantage? J’espère que oui, pour ma part je n’ai malheureusement pas cette impression.

Au cours des dernières semaines, j’ai beaucoup suivi dans les médias ce qui se passe dans les municipalités de dimensions comparables ou même plus grande que la nôtre. Le budget de Québec est gelé et celui de Trois-Rivières augmentera de moins de 1%.

On demande depuis maintenant quatre ans aux gatinois de se serrer la ceinture. On demande aux électeurs de dépenser moins, d’exiger moins de service de la ville, d’être plus compréhensif. Et les gens le font.

Mais pendant ce temps, faisons nous aussi, le même effort pour faire une diète. Si c’est bon pour nous de se priver, ce doit aussi être bon pour la fonction publique. Ce n’est pas toujours les mêmes qui doivent souffrir.

Je pense que la commission de la révision des dépenses et des services a débuté un exercice de réflexion positif, prometteur et porteur d’une volonté de changement. Je pense aussi, par contre, que le chemin parcouru à date par le travail de ce groupe est bien insuffisant. Nous devons aller plus loin pour réaliser de vraies économies.

Nous devons réévaluer le panier de services que nous offrons à la population. Il faut faire une analyse en profondeur de notre capacité à offrir certains services, de l’utilité de certains autres et du partage juste et équitable des coûts de plusieurs autres. Cet exercice, sans compromis ni complaisance, n’en est qu’à son début et beaucoup reste à faire.

Vous savez, comme élu, la plus grande partie du budget nous échappe complètement.

Le budget salarial est, selon le maire et notre haute fonction publique gatinoise, tout à fait intouchable. Et bien, moi je pense que la masse salariale devrait être revue et scrutée minutieusement.

Pas plus tard que le mois passé, le maire Pedneaud-Jobin recevait en grande pompe son bon ami, le maire de Québec, Régis Labeaume, pour qu’il nous imprègne de sa grande sagesse. Et bien l’ami de notre maire est venu dire aux médias locaux que lui avait coupé 700 postes à Québec et que personnes ne s’en était aperçu.

Soyons réalistes, les villes se sont fait pelletées de nouvelles responsabilités sans moyens financiers pour les acquitter. Il faut davantage cogner à la porte de Québec pour exiger une juste part pour nous soutenir.

Les prochaines années seront dominées par l’obligation de faire des choix. Des choix qui seront difficiles et ne plairont pas à toutes et tous. Nos rues ont besoin d’amour, nous n’avons toujours pas d’indicateurs de performance à l’urbanisme, notre patrimoine bâti est laissé à l’abandon, notre stratégie événementielle pourrait tenir sur une carte d’affaires et nous en sommes rendus à prier pour qu’il ne neige pas pour ne pas avoir à sortir les déneigeuses.

Les choix, inspirés et supportés par une vision de où Gatineau devrait être dans les 5, 10 ou 20 prochaines années, devront être faits.

Si je devais voter pour ce budget, je trahirais la confiance de mes concitoyens qui comptent sur moi pour défende leurs intérêts. En conséquence, je voterai contre le budget.

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